Interview pour le WebZine d’Eilyme !

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Interview pour le WebZine d’Eilymë !

Présentation de Stéphanie Pluquin, auteure/illustratrice pour enfants. 

Tout d’abord peux tu te présenter en quelques mots…

« Que dire ? Je suis une artiste dans l’âme, au plus loin que je me souvienne, je me suis toujours passionnée pour l’art sous toutes ces formes et me suis adonnée à beaucoup de ses diversités : dessin, écriture, tatouage, peinture, gravure, couture…

L’art est suggestif, je n’aime pas tout dans l’art, mais quand on regarde une œuvre et qu’on se dit « wahou » c’est un sentiment très puissant, un bien-être que l’on ne peut pas forcément expliqué mais cette œuvre en particulier fait appel à un de vos souvenir, un de vos rêves… C’est tout ce que j’aime : être bluffée par quelque chose ! 

Je suis quelqu’un d’entière, franche mais toujours avec le respect, je dis ce que je pense, je fais ce que je dis et je dis ce que je fais sans me prendre la tête. Ca plait ou non, cela n’est pas mon problème.

Je suis une amoureuse de la féérie, de l’imaginaire et du fantastique, j’essaie de cultiver tout cela dans tout ce que je fais et je pense que c’est ce que les gens aiment dans mon travail, tel qu’il soit. Je suis contente de les emmener au cœur de mon imaginaire ! »

Parlons de tes illustrations et d’écriture …

  1. On te connaît sous une bulle graphique et artistique différente, (comme tes relooks d’objets, tes gravures sur verre, tes confections et bien d’autres choses), mais on ne te connaissait pas en tant qu’illustratrice.
    Pourquoi avoir choisis de te tourner vers l’illustration ?

« En fait, je dessine toujours tout ce que je vais réaliser peu importe la discipline à laquelle je vais avoir recours. De ce fait, j’ai toujours dessiné, illustré mes pensées, mes envies de réalisation. J’ai beaucoup exploité l’illustration pour créer mes dessins de tatouage, ensuite pour mes gravures sur verre, mes créations couture et même relooking d’objets, j’ai toujours besoin de mettre par écrit mes idées créatives. Pour moi recopier, pour ne pas dire plagier, le travail d’autrui m’a toujours horripilé !

Je ne voudrais pas qu’on copie mon travail, donc je ne copie pas celui des autres, simple question de respect et de logique.

L’illustration est donc naturelle pour moi et j’aime par-dessus tout à présent illustrer mes écrits, donner vie à mes mots à travers des dessins compréhensibles par tous et accessibles aux petits qui ne savent pas encore lire. »

  1. Qu’est ce qui différencie tes créations (d’avant) aux illustrations (de maintenant) que tu réalises aujourd’hui ?

« Pour illustrer des livres, les illustrations sont différentes de celles que je réalisais avant. Elles doivent parler sans rien dire ! Je m’explique, une illustration de livre doit être comprise dès que l’on pose les yeux dessus. Me dirigeant principalement vers les livres pour les enfants, de 5 à 10 ans en moyenne, les plus petits ne savent pas lire ou pas encore bien, par conséquent, les illustrations doivent leur apporter la compréhension et l’envie d’apprendre à lire l’histoire pour déchiffrer complètement l’œuvre dans son entièreté. Les distraire est mon but premier, leur apprendre le goût de la lecture est un devoir ! La culture passe par la lecture, leur donner envie de lire est primordial. Ca me fait mal au cœur de voir l’actualité : X% des enfants arrivant au collège ne savent pas bien lire et écrire ! C’est tellement dommage et c’est un vrai handicap pour eux, les livres permettent de voyager, de créer son petit monde, de se réfugier dans une bulle qui leur appartient ! »

  1. Quand as-tu eu le déclic pour écrire ton premier livre « illustré » et pourquoi ?

« J’ai toujours rêvé d’être écrivain. Je me souviens m’être faite cette promesse à l’adolescence : un jour tu publieras au moins un livre !

C’est un rêve que j’ai mis de côté pendant longtemps sans toutefois l’oublier. J’ai toujours écrit secrètement. D’ailleurs, j’ai des nouvelles, des carnets remplis de poésie… qu’il faudrait certainement que je ressorte des cartons pour m’y replonger maintenant que je me suis lancée !

Le véritable déclic est venu avec l’adoption de mon chien Loustik. J’ai pendant les premiers mois écrit son histoire, pris des photos… Et puis l’envie de lui créer un blog m’a donné le courage nécessaire pour tester mes écrits sur le public. Je me suis prise au jeu et depuis je n’arrête plus.

Les idées pour les autres livres sont arrivées naturellement avec le temps. »

  1. Est ce que tu as voulu changé d’horizons tout en restant dans le côté graphique, où as tu voulu associé un élément déclencheur à quelque chose qui te tenait à cœur ?
    (est ce que tu t’es dit du jour au lendemain je veux illustrer un livre, ou tu avais des sujets qui te tenaient à cœur et que tu voulais illustrer en plus clair)

« Mon premier sujet a été Loustik, mais j’avais des envies de parler du harcèlement scolaire, du handicap, du rejet des autres… Malheureusement l’actualité m’a fait beaucoup réfléchir mais aussi des choses similaires qui ont été vécues dans mon entourage. Sans entrer dans les détails, pour le respect de la vie privée des enfants concernés, j’ai une petite choupette très proche de moi qui a eu un grave accident, elle en a gardé des séquelles physiques et psychologiques. Cela m’a atteint au plus haut point et j’avais envie que les enfants, dès leur plus jeune âge, prennent conscience que ce n’est pas de leurs fautes si certains enfants ou personnes sont différentes d’eux. Le respect des autres est essentiel si on veut devenir des citoyens comme il faut.

La citoyenneté s’apprend très tôt et il est indispensable d’accepter tout le monde, c’est le début aussi de l’acceptation de soi-même !

J’ai donc du travailler le côté graphique que j’avais déployé pour qu’il s’adapte à ce que je voulais qu’il devienne. Un très bon exercice qui n’a pas forcément était facile au début mais qui m’apporte maintenant beaucoup artistiquement parlant.

Une remise en question nécessaire : dessiner est une chose, illustrer en est une autre !

Illustrer, c’est faire passer un message dans un dessin et ce n’est pas si évident que cela, mais c’est comme pour tout, cela se travaille et on devient meilleur à chaque exercice que l’on s’impose. »

Pour qui…

  1. Comment est venue l’idée de te dire, ça sera des illustrations pour enfants (facile à observer et attirante à l’œil grâce aux couleurs vives) ?
    Pourquoi t’adresser à de jeunes lecteurs justement ?

« Je suis une dévoreuse de roman, particulièrement les thrillers, les drames psychologiques… Et très honnêtement, je n’aimerais pas les voir illustrer, j’aime justement me faire les images dans la tête de ce que je lis, comme beaucoup de lecteurs de ce style de roman d’ailleurs. Cela n’apporterait rien à l’œuvre de voir des illustrations « sanglantes ».

Comme je disais un peu plus haut, le côté féérique m’a toujours attiré, c’est donc naturellement que mon choix d’illustration et d’écrit c’est dirigé vers les enfants.

Ils me fascinent, ils sont forts de ce qu’on perd quand on devient adulte : l’insouciance !

Ils vivent le moment présent à fond sans se poser la question : « oui mais qu’est-ce qui va se passer après si je fais ci ou ça… ? »

J’ai un parcours personnel qui ne m’a pas donner la chance d’avoir des enfants mais j’en ai eu tout autour de moi tout au long de ma vie et c’est tant mieux !

J’ai passé beaucoup de temps avec eux, d’ailleurs j’ai été nourrice bénévole pendant bien des années pour mon plus grand plaisir. J’aimais leur lire des histoires, j’aimais par-dessus tout qu’ils racontent leurs propres histoires à travers les illustrations de ces derniers.

Par conséquent, j’ai pu voir à quel point ils aimaient lire, dessiner, décalquer même leurs personnages préférés.

Pour moi, la culture littéraire ne s’apprend pas, c’est une envie que les adultes doivent offrir aux enfants de leur entourage dès le plus jeune âge. Il faut leur donner envie de lire, d’apprendre à travers les livres, de comprendre tout ce que la lecture peut leur apporter au quotidien et dans leur futur.

Les enfants sont des éponges, c’est à double tranchant d’ailleurs. Il faut leur donner envie de faire, de découvrir, d’apprendre… mais il faut aussi faire attention à leur transmettre les bonnes choses, ne pas les choquer, ne pas les influencer… Les laisser devenir juge tout en les mettant sur la bonne voie.

Les livres pour enfants sont donc une grosse responsabilité, il ne faut pas la prendre à la légère et surtout il faut être sa première critique quand on écrit ou on illustre un livre destiné à la jeunesse ! »

  1. Tes livres ressemblent plus à des contes (lecture du soir avant de dormir) en quelques sortes, mais en détournant l’attention du lecteur pour lui expliquer des faits réels.
    Pourquoi avoir choisis cette forme de métaphore ?

« Oui je garde toujours en tête qu’un livre pour enfant doit avant tout être un conte, raconter une histoire avec une suite logique avec un personnage central qui doit être attachant pour que l’enfant puisse s’identifier à lui.

J’aime m’inspirer de faits réels pour apporter un vrai message, essayer de les concerner à ce qui se passe autour d’eux, parfois même chez leur voisin !

S’ouvrir aux autres est essentiel, je n’aime pas l’égocentrisme. Les enfants, et c’est tout naturel, le sont un peu par nature. Le monde tourne autour d’eux et pour cause !

Ce sont les princes, les princesses de leurs parents et de leur famille et cela est bien normal, c’est aussi comme cela qu’on devient grand !

Mais il ne faut pas perdre de vue, et pour cela il faut leur apprendre car c’est une déduction qu’ils ne peuvent pas faire eux-mêmes, qu’il faut regarder plus loin. Leur petit monde n’est pas celui des autres, certains sont malheureux et ne disent rien, certains sont en détresse et ils ne le montrent pas… Pour moi, rester à l’écoute des autres est essentiel certes mais il faut leur apprendre.

Un enfant est, plus ou moins, égoïste, encore une fois c’est une chose tout à fait normal, mais il suffit parfois de leur faire prendre conscience de la vie quotidienne des autres pour qu’ils prennent conscience que la vie n’est pas forcément rose pour tout le monde et que à leur échelle, ils peuvent parfois changer les choses : un simple sourire fait parfois des merveilles et nous en tant qu’adultes le savons mieux que personne… »

  1. Quel message veux tu faire passer ?

« Je vois autour de moi tellement de jeunes parents débordés, ne sachant apporter de réponses aux multiples questions que posent les enfants et qui, plutôt que de s’empêtrer dans les explications qui ne seront pas comprises par leurs enfants, préfèrent jeter l’éponge. Ca me désole au plus haut point !

Pour moi ne pas répondre à une question, telle qu’elle soit, est un échec !

C’est comme cela que les enfants se font leurs propres réponses qui ne sont pas les bonnes et les amènent dans des déductions faussées et sur lesquelles ils vont rester basés pendant de longues années voire toute leur vie.

C’est pour cela que j’aborde dans certains de mes livres  des sujets qui peuvent paraître durs mais qui sont, à mon sens, nécessaires d’aborder très vite.

Des situations dans lesquelles ils peuvent se retrouver et il faut pour cela avoir une petite connaissance du sujet pour ne pas être choqué, ne pas se braquer et avoir quelques notions de réflexions, de réponses…. Un sujet abordé avec les parents va donner aussi matière à réflexion et ils savent ainsi qu’ils peuvent en parler à nouveau si ils en ont besoin ! »

Présentation du premier livre

  1. Pour le premier livre, peux-tu m’en parler un peu plus.

« Outre le blog que j’ai dédié à mon chien Loustik qui a donné des livres aussi, tome 1 et 2 sont déjà sortis, le 3 et 4 sont en cours d’illustrations…

Le premier livre publié est : Loula, la luciole qui ne brille pas !

C’est un livre plein d’émotions qui aborde les délicats sujets du handicap et du harcèlement scolaire.

Loula, est une jeune luciole, tout ce qui a de plus normal, sauf qu’elle n’arrive pas à briller comme ses camarades. Au départ elle se fait à l’idée et est rassurée par les adultes sur le fait que ça arrive parfois et qu’il ne faut pas se focaliser sur le problème, qu’il disparaîtra avec le temps… Malheureusement ce handicap, qui en est un aux yeux des autres, va persister, durer dans le temps et va commencer à créer de nombreux conflits au sein de l’école. Loula va être prise à partie par les autres, deviendra le souffre-douleur de toutes celles qui ne la considèrent pas comme une des leurs.

Un soir, elle va subir de graves violences qui vont la rendre malheureuse, la faire souffrir atrocement moralement et physiquement, à tel point qu’elle va se déscolariser.

Soutenue par sa famille, la maîtresse d’école et sa seule amie Alia, elle ne va plus à l’école mais les journées sont longues. Elle va alors se trouver d’abord un passe-temps qui va devenir une vraie passion. Elle va réaliser de superbes choses qu’elle va offrir aux personnes qui comptent pour elles…

Doucement, elle va reprendre confiance, retourner en classe …

Ses bourreaux vont-elles-mêmes faire l’expérience d’être victime du jugement des autres. Les rôles s’inversent et toute la moralité est là !

Loula, après des efforts incommensurables va enfin se faire accepter par les autres jusqu’à atteindre une place d’honneur au sein de sa communauté ! »

  1. Pourquoi avoir écrit « ce » livre ?
    Combien de temps as tu mis pour la préparation du livre entre l’écriture et les illustrations ?

« Le handicap et le harcèlement scolaire restent sujets tabou dans notre société et cela me scandalisent ! De plus en plus d’enfants en sont victimes et ce n’est pas normal dans notre société d’être confrontés à de telles violences gratuitement sans que personnes ne réagissent ou ne trouvent de solution.

Les enfants sont de nature moqueurs, ils aiment faire des blagues mais ne sont pas capables de savoir si parfois ils ne vont pas un peu trop loin dans leurs faits, gestes et paroles.

Dans ce livre j’ai voulu leur montrer et leur faire comprendre que tout le monde peut devenir le souffre-douleur de quelqu’un ou d’un groupe et qu’il est même facile de devenir un bourreau !

Il faut cependant prendre conscience de tout ce que cela implique pour tout le monde.

Car parfois le bourreau devient lui-même victime…

J’ai travaillé environ six mois sur ce livre. Entre l’écriture et les illustrations, vient ensuite le temps de la relecture, de l’amélioration du texte…

J’ai d’abord l’idée de l’histoire qui est vaste : handicap et harcèlement scolaire, ensuite je cherche un personnage qui pourrait incarner cela, ici une luciole, ensuite je trouve son nom, j’essaie qu’il y est une connotation entre l’animal choisi et son nom. Puis je commence à dessiner le personnage principal, lui donner vie. Ensuite les premiers paragraphes, puis les dessins qui les illustrent …

Voilà comment naît un de mes livres »

  1. Où as-tu trouvé tes idées, qu’est ce qui t’as inspiré ?

« Des enfants autour de moi ont eu des épisodes malheureux sur le harcèlement scolaire, heureusement cela n’a pas pris de trop grosses proportions car réactions très vives des adultes concernés et tant mieux… L’actualité aussi, notamment un reportage sur le sujet, je n’ai plus le titre de ce dernier mais cela m’avait beaucoup émue de voir ses gamins déscolarisés, brisés pour une bonne partie de leur vie si ce n’est pas toute leur vie !

La violence qu’elle soit physique ou verbale fait tellement mal ! Personne ne devrait subir de telles choses. Encore une fois, je pense qu’en parler le plus tôt possible peut empêcher aux futurs bourreaux comme aux futures victimes de pouvoir identifier très vite le problème et de se faire aider ! »

En général

  1. T’inspires tu d’auteur(e) déjà connu ?

« Bien sûr, je lis beaucoup des livres qui sont destinés aux mêmes tranches d’âge que ceux que j’écris et publie.

Je ne m’inspire pas vraiment de sujets traités ou abordés par les autres, même si certains sont récurrents, entrés dans l’esprit des gens et bien sûr aimés des enfants !

Je suis souvent en admiration devant les illustrations des autres qui ont un style tout à fait différent du mien. Cela dit, je pense que chacun à sa manière de faire, d’illustrer et c’est ce qui fait toute la richesse de la littérature enfantine !

Comme pour tout, il y en a pour tous les goûts ! »

  1. Privilèges-tu un temps pour l’écriture, et un temps pour les illustrations, (planning) où tu fais comme ça te viens ?

« Oui je suis une sorte de planning personnel. Le matin, je privilégie internet pour la communication de ma maison d’autoédition et de ma boutique en ligne, mes blogs… Mais j’ai toujours ouvert un bloc notes pour les idées qui me viennent et une feuille de papier et un crayon pour griffonner ce qui pourrait m’inspirer au fil de mes visites sur la toile. L’après-midi je dessine les nouvelles illustrations ou je peints celles réalisées la veille. Ensuite petite balade avec mon compagnon à quatre pattes et en rentrant j’écris.

J’ai 3 livres en simultané de commencés et j’aime zappé de l’un à l’autre. D’une part pour diversifier mes écrits, en effet ils traitent de sujets bien différents et il est plus facile pour moi d’avoir de belles idées nouvelles que je développe au fil des paragraphes.

Après le repas du soir, devant un bon film, je reprends mes crayons et j’illustre ce que j’ai écrit un peu plus tôt dans la journée.

L’écriture et l’illustration demande du travail, de la concentration et je pense avoir trouvé mon rythme de croisière à présent ! »

  1. Pour le moment, quelle histoire t’a pris le plus de temps ?

Entre les recherches graphiques, les idées à mettre à plat et l’histoire en elle même ?
Pourquoi ?

« Les livres des Aventures de Loustik, car le blog de mes écrits étaient déjà faits, bien sûr j’ai remanié un peu tout ça pour que cela s’adapte au mieux à des livres qui sont quand même un peu différent d’un blog littéraire. J’ai dû juste travailler les illustrations, et là encore cela diffère du livre Loula, la luciole qui ne brille pas. Les aventures de loustik, je fais une illustration par chapitre ce qui donne environ une quinzaine d’aquarelles par tome, pour ce qui est de Loula et d’un des nouveaux livres sur lesquels je travaille, chaque page est illustrée ce qui donne un peu plus de travail mais ce n’est que du bonheur ! »

  1. Dans quelles conditions travailles-tu ?

« La plupart du temps, j’écris d’abord  sur des cahiers ou des blocs de papier les idées principales, parfois cela va jusqu’à un chapitre complet. Ensuite je remets tout cela sur ordinateur dans un logiciel texte avec lequel je travaille car j’ai mes gabarits pour mes futures publication ce qui est pratique pour l’imprimeur.

J’ai donc pris une bonne partie de ma grande table de salle à manger pour dessiner et peindre, réquisitionner une partie de la table du salon pour écrire et esquisser et puis j’ai mon ordinateur.

Mon scanner étant en panne, j’ai pris l’habitude de prendre mes dessins et peintures en photo pour les retravailler ensuite sur ordinateur avec le logiciel adéquat. Je ne les travaille que très peu : recadrer, remettre les couleurs le plus fidèlement possible aux originaux et parfois apposer du texte dessus. »

  1. Et tes projets pour l’avenir. Travailles-tu sur un nouvel ouvrage actuellement, ou peaufines-tu celui en cours ?

« Comme je le disais, je travaille sur 3 autres ouvrages.

Un qui me tient à cœur « le parapluie qui chante » un ouvrage tout en poésie de 35 pages environ qui raconte juste une petite histoire d’enfants, de parapluie joyeux, d’école et d’amitié. Un livre qui se liera facilement avec un illustration à chaque page.

Ensuite, je travaille sur ce qu’on pourrait appeler un premier roman pour pré-adolescents : Pitou et ses graines magiques. Pitou est une jeune extra-terreste qui aura pour mission de venir sur notre planète pour faire un recensement de la population animale, végétale et humaine qui y vit. Il a une particularité : son sac de graines qui ne sont autres que des graines magiques pouvant exaucer des vœux …

Je peaufine les tomes 3 et 4 des Aventures de Loustik, quelques illustrations manquantes .

Je viens juste de commencer « le secret de Charline » un livre pour enfant qui abordera le sujet des familles monoparentales et les parents homosexuels. Un exercice d’écriture très particulier, beaucoup de réflexion pour trouver les mots justes et adéquates pour un jeune public.

Et puis en parallèle, toujours un roman mais pour adultes cette fois, commencé depuis plusieurs années… Je le reprends de temps à autres pour apporter un chapitre.

C’est un livre difficile à écrire pour moi qui traite de la stérilité. Un sujet sensible qui me procure beaucoup d’émotions et qui sera je pense libérateur. »

Parlons d’édition…

  1. Pourquoi avoir choisis l’auto-édition en créant tout d’abord Doudou Édition ?

« J’ai beaucoup cherché, parcourut je pense tous les forums de discussion traitant sur le sujet de l’édition et l’autoédition : les pour, les contres et les alternatives.

Je voulais, comme dans tout ce que j’entreprends d’ailleurs, maître de ce que je voulais faire et publier. Outre le fait de l’aspect financier de la chose, il fallait que je  voie  plus loin que cela.

L’autoédition s’est donc imposée par elle-même. Je me suis donc beaucoup informée sur le sujet, discuté avec des auteurs autoédités, des petites maison d’autoéditions qui ont bien voulu me répondre et m’aiguiller sur les démarches à suivre et sur tout ce que cela impliquait comme choix.

Bien sûr être son propre patron est une fierté, une satisfaction en soi mais cela demande beaucoup de travail en amont. Beaucoup de choses à faire qui passent inaperçues aux yeux de tous et qui pourtant sont essentielles.

  1. Pourquoi ne pas être passé par une maison d’édition ?
    (Avantages/inconvénients, si tu peux m’en parler de ton point de vue en tant qu’auteur/illustratrice)

« Je voulais rester maître et la seule personne décidant de ce que j’allais publier. Je ne voulais pas non plus être obligée de fournir X livres par an à une maison d’édition et être tenue par un contrat d’auteur qui serait pour moi, j’en suis certaine, un frein à ma créativité ! Je ne suis pas quelqu’un de productive sous les ordres et attentes des autres, par conséquent, le choix a été radical mais plutôt rapide en fait. »

  1. Quelle est la différence, selon toi, d’être son propre chef dans ce genre de projets ?

« Être son propre chef permet une souplesse extrême dans la façon de travailler mais aussi sur les sujets que l’on veut traiter dans ses ouvrages.

Je n’ai de comptes à rendre à personne et je ne m’en prends qu’à moi-même si un sujet ne retient pas l’attention des lecteurs.

Cela permet de se remettre en questions et de faire mieux pour le prochain !

J’aime par-dessus tout être la première critique de ce que je fais mais j’aime aussi avoir les critiques des autres. Elles sont toujours constructives bien entendu, il faut pour cela que la personne qui critique argumente. En effet les critiques sans explications, autrement dit, la méchanceté primaire n’apporte rien à personne ! »

  1. Est ce que tu as hésité avant de te lancer en auto-édition ?

« Pas vraiment en fait. J’ai repris un statut d’auto-entrepreneur, que je  connaissais déjà pour l’avoir été pendant quatre ans avec mon entreprise de gravures sur verre et de peintures artistiques. Donc le statut en lui-même ne me faisait pas peur.

Bien sûr, j’ai eu des doutes avant de me lancer : est-ce que cela en vaut la peine ?

Est-ce que je ne mets pas une épée Damoclès au dessus de la tête pour rien ?

J’ai pris mon temps, j’ai été voir un conseiller à la chambre des commerces qui m’a rassuré sur ce que je savais déjà en fait !

Il n’y avait plus qu’à franchir le pas ! »

  1. Est ce que toi seule, sera publiée sous ce nom, ou aimerais-tu collaborer avec d’autres artistes, pour publier leurs livres, ou associer des projets en commun et surtout pourrais tu le faire ?

« Mon statut tel qu’il est aujourd’hui m’autorise moi et moi-seul à publier mes ouvrages. Cela dit, je peux, si je le souhaite, collaborer avec d’autres écrivains ou illustrateurs sur mes livres, il me faut alors, lorsque je fais les dépôts légaux les mentionner.

Rien ne m’empêche non plus de collaborer bénévolement sur les projets des autres. Je précise bénévolement car étant mon patron, je ne reçois pas de droits d’auteur, je ne peux donc pas être rémunérée. »

  1. Comment as tu décidé de tes supports (livre, ebook etc…) ?

« Les livres physiques est mon support de prédilection bien sûr ! Pour moi, rien ne  vaut un beau livre, on aime tourner les pages, découvrir le texte et les illustrations et puis, comme mon slogan l’indique : Plus qu’un livre, un doudou ! Je souhaite par-dessus tout qu’ils deviennent des doudous, des compagnons de rêves !

Maintenant, à l’ère du numérique qui ne cesse de se développer, les e-books sont des incontournables de la littérature que ce soit pour les petits comme pour les grands d’ailleurs.

Ils sont pratiques, on peut les emmener partout, les lire où que nous soyons…

Et puis ne se mentons pas, les e-books sont à des prix bien plus abordables et ainsi ils peuvent être lus par le plus grand nombre et je souhaite que les enfants puissent avoir accès à des livres de qualité même si leurs parents ne peuvent prévoir un réel budget pour cela. »

  1. As-tu comme projet d’en sortir des produits dérivés ?

« Je pense que pour la fin d’année, je vais ajouter un rayon papeterie à ma boutique : affiches, cartes postales, calendriers… qui seront à l’effigie de mes personnages et reprendront les aquarelles de mes livres. Bien sûr des nouveautés verront également le jour !

J’aimerais beaucoup faire les Doudous assortis aux personnages de mes livres !

En fait rien ne m’empêche de les réaliser mais il me faudrait pour ça ajouter une discipline artisanale à mon statut : effectuer le stage obligatoire et prévu à cet effet…

Alors même si cela me tente, ce n’est pas au programme pour le moment.

Dans l’alternative, trouver quelqu’un qui réalise d’ores et déjà des doudous et qui est installé à son compte serait aussi bien ! Un projet commun, l’idée me plaît beaucoup !

Et enfin, j’aimerais plus tard proposer une espèce de BOX pour enfants qui comprendrait un livre, un doudou, des activités artistiques, culturelles…

Pour le moment ce ne sont que des projets mais j’espère les réaliser dans les années à venir.

D’ailleurs j’ai démarché quelques entreprises qui proposent ce genre de services, je suis dans l’attente de leurs réponses…. »

Bilan final

  1. Vas tu te rendre dans des expos, forums de livres ou des lieux pour des séances de dédicaces ?

« Et bien, c’est la suite logique des choses même si je dois bien l’avouer, je ne suis pas du tout à l’aise en public. Je suis complètement moi-même derrière mon écran mais je n’ai pas du tout confiance en moi quand il s’agit de me confronter à la foule.

Pour ce qui est de la dédicace, j’ai décidé de la proposer en direct sur mon site pour les achats des livres papier, un petit plus pour faire un cadeau personnel.

Je pense que pour moi, si je dois faire des salons, dédicaces… Ce sera au feeling et selon les propositions que je recevrais pour participer. Je ne pense pas démarcher pour le moment mais j’y pense et essaie de me faire à l’idée pour avoir le courage de le faire l’an prochain… »

 

  1. Que pourrais-tu conseiller aux jeunes auteurs/illustrateurs qui voudraient se lancer comme toi dans une aventure aussi magique ?

« Croyez en vous ! Oui je sais, je viens de dire juste avant que je n’avais pas confiance en moi mais pas dans mon métier juste sur le fait d’être moi exposée en public.

Je crois en ce que je fais, je sais que j’ai mon style d’écriture et d’illustratrice.

On ne plaît pas à tout le monde c’est certain mais on trouve toujours son public !

Il y a en plus plein de sites, d’associations pour réussir à faire connaître son travail, le travail collaboratif peut-être un très bon moyen de se faire un nom et de se faire proposer des projets intéressants sur lesquels collaborer ! »

  1. Que puis je te souhaiter pour la suite ?

« De réussir à percer dans ce métier de l’édition qui est, je dois bien l’avouer, une véritable jungle. Il faut dire qu’il y a tellement de choix, de talents à découvrir et de maison d’éditions spécialisées qui sont pour la plupart de véritables institutions qui en font bien entendu des valeurs sûres grâce à leurs lignes éditoriales irréprochables ! »

Un dernier mot pour le Webzine ?

Le webzine est un lieu de partage donc n’hésites pas, à me partager des illustrations pour agrémenter cette interview, me partager tes liens, là, où on peut te trouver, ou même acheter tes livres.

« En premier lieu, je te remercie pour cette interview qui est, de part les questions posées, un véritable tour d’horizon des métiers de l’édition, de l’autoédition, de l’écriture et de l’illustration. J’ai pris beaucoup de plaisir à remplir cette enquête qui a pour moi abordé tous les sujets essentiels à ces corps de métiers.

Elle diffère des  interviews aux quelles je participe pour l’instant et ce fut un réel bonheur de me livrer !

Voici quelques liens où vous pouvez suivre mon travail, mon actualité, acheter mes livres :

En tout premier lieu, mon site officiel : https://doudouedition.Fr

Où vous pouvez trouver tout ce que vous souhaitez savoir sur moi, sur la maison d’autoédition et bien entendu vous procurez mes livres.

J’y ai rattaché une boutique, un blog, des liens partenaires et coups de cœur…

Mes aussi découvrir des Extraits de mes livres : le 1er chapitre est en libre lecture !

Mais aussi un système d’affiliation : je récompense les internautes qui me suivent en leur offrant un pourcentage sur les ventes faites par leurs recommandations !

Vous avez bien sûr la newsletter, contre l’abonnement je vous offre l’e-book Loula, la luciole qui ne brille pas dans une version complète mais non commercialisée. Je l’ai retravaillé, les images sont plus petites et elles sont détachées du texte mais c’est tout, l’histoire est dans son entièreté et permet ainsi à tout le monde de se faire une idée sur mon travail.

Vous pouvez aussi trouver mes livres sur les sites spécialisés suivants :

Bookelis : Les Aventures de Loustik : Autopublié sur Bookelis

Amazon : LES AVENTURES DE LOUSTIK eBook: Doudou Editions Pluquin Stéphanie: Amazon.fr: Boutique Kindle

TOME 2 : JOUER, GRANDIR ET APPRENDRE ! (French Edition) – Kindle edition by Doudou Editions Pluquin Stéphanie. Crafts, Hobbies & Home Kindle eBooks @ Amazon.com.

Fnac : Les Aventures de Loustik – ePub – Stéphanie Pluquin – Achat ebook – Achat & prix | fnac

Librairie Dialogues : Ebook: Les Aventures De Loustik, Pluquin Stéphanie, Doudou Editions, Pluquin Stéphanie, Doudou Editions, 2960115262794 – Librairie Dialogues

Google livres : Les Aventures de Loustik – Stéphanie Pluquin – Google Livres

Thalia : Les Aventures De Loustik von Doudou Editions Pluquin Stéphanie – eBook | Thalia

…. Un grand nombre de librairies référencient mes ouvrages….

Mes blogs : Pluquin Stephanie-Doudou Editions et Les Aventures de Loustik

Ma page  Facebook : https://facebook.com/doudoueditions

Mon compte Twitter : https://twitter.com/doudou_editions

Mon compte Linkedin : stéphanie Pluquin | LinkedIn

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Mon compte sur Pinterest : Doudou Editions sur Pinterest

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Vous pouvez aussi retrouver Doudoueditions sur Youtube, Dailymotion, Vimeo….

Youscribe, scribay, iggybook, wattpad…

 

Un Grand Merci Au WebZine d’Eilymë !